FREEDOM WILL NEVER DIE.

16 janvier 2011

Peut-être que les choses commencent enfin à prendre sens et forme. Cette troisième année n'est pas celle que j'avais imaginée - un nouveau tunnel à traverser d'un pas hésitant et boiteux, avec la peur d'ouvrir les yeux un peu trop grands et d'apercevoir qu'après il n'y a plus rien. Je suis aujourd'hui très loin de ma première khâgne (et même des premiers jours de la seconde), des galères et des claques dans la figure, des tracas et des doutes, de la solitude inconfortable et du brouillard épais dans lequel m'enfonçait le temps qui passe.
Je ne dis pas que ça ne m'arrive plus jamais; je dis seulement que cela m'affecte beaucoup moins. J'aborde les choses avec un recul bienfaiteur et un optimisme presque inébranlable. Je prends plaisir et réussis dans ce que je fais, j'ai retrouvé goût à la lecture, je trouve le temps de sortir, je sais un peu mieux qui je suis et ce que je veux, et  tout ceci me rend épanouie. Maintenant, j'ai beaucoup moins peur d'avancer dans l'avenir - même si rien n'est encore gagné. Parce qu'il y a désormais de la perspective, et davantage de confiance en soi, et autant dire que ce n'est pas rien.

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25 septembre 2010

Le peintre de la vie moderne

"Être hors de chez soi, et pourtant se sentir partout chez soi ; voir le monde, être au centre du monde et rester caché au monde, tels sont quelques-uns des moindres plaisirs de ces esprits indépendants, passionnés, impartiaux, que la langue ne peut que maladroitement définir." - les observateurs. Mais hélas, si "peu d'hommes sont doués de la faculté de voir; il y en a moins encore qui possèdent la puissance d'exprimer." La sensibilité de l'artiste, sans en avoir le talent : quelle frustration !

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14 septembre 2010

L'impossibilité de se fixer quelque part ou avec quelqu'un, l'impression d'être dans une continuelle transition, dans d'éphémères expériences qui  bien que toujours enrichissantes ne sont là que pour faire diversion, une sorte de mieux que rien, du provisoire en attendant de - avec la certitude que ce n'est pas encore ici, mais toujours ailleurs qu'il faut chercher - avec l'espoir qu'un jour toutefois, l'on puisse enfin se dire: je n'ai plus besoin de fuir, c'est précisément ici que je dois être. Le soulagement à l'idée de pouvoir enfin commencer à construire de façon plus cohérente, sans s'éparpiller sans cesse. Continuer cependant à se perdre parfois, à repartir en quête de, en attendant de trouver un nouvel îlot de sérénité. Pour le plaisir de se perdre et de découvrir encore, à l'infini. Et ainsi de suite.

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10 janvier 2009

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J'aurais aimé que notre conversation ne prenne jamais fin, que l'on reste toutes deux allongées sur ce lit, la nuit et la neige au dehors, la seule petite lampe de bureau nous éclairant, à parler, rire et échanger Je m'étais perdue dans ses mots, dans les miens, j'avais oublié l'heure, le temps, le lieu, le cours des choses réelles, j'étais ailleurs et peut-être bien qu'elle aussi.

Mais quelqu'un a frappé à la porte.

Cet instant, peut-être qu'il n'a pas eu autant d'importance pour elle. Découvrir qu'elle était comme moi, à noter tous les détails,  à se souvenir des gens, des paroles, des gestes, à tout noter dans sa tête... Savoir qu'elle était là, à quelques mètres, m'apaisait étrangement. Mais elle l'ignore probablement. On ne sait jamais ce que peuvent penser les autres. Il m'avait semblé que par ses instants répétés en quelques jours, l'on se rapprochait, petit à petit, mais le lendemain, je n'étais plus sûre de rien.

M'échappera-t-elle toujours ainsi ?

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30 juin 2008

visages

"Dans cette vie qui vous apparaît quelquefois comme un grand terrain vague sans poteau indicateur, au milieu de toutes les lignes de fuite et les horizons perdus, on aimerait trouver des points de repère, dresser une sorte de cadastre pour n'avoir plus l'impression de naviguer au hasard. Alors, on tisse des liens, on essaye de rendre plus stables des rencontres hasardeuses."

Dans le café de la jeunesse perdue, Patrick Modiano

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23 avril 2008

petite__gyptienne

J'aurais bien envie de me lancer dans un énième éloge de la vie et de l'être humain (parce que oui, j'aime la vie, j'aime l'être humain et j'aime encore plus quand l'être humain me fait aimer la vie). Je voudrais vous redire ce que ne serait-ce qu'un petit sourire, qu'un simple visage, que quelques mots bien pesés peuvent me faire. Après tout, on ne dit jamais assez ce qui va bien - et puis "Freedom will never die" (on me l'a fait remarquer récemment) : j'ai encore la liberté d'écrire ce dont j'ai envie... Mais l'heureuse surprise de revoir quelqu'un qui compte tant pour vous à la sortie d'un théâtre, le plaisir d'entendre les cordes de sa propre guitare faire résonner un de ses airs classiques préférés, le visage d'une fille qui émeut et qu'on a envie de photographier, le sourire d'un garçon qu'on pourrait regarder pendant des heures... tout cela se passe de mots... car tout cela se vit et se ressent.

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16 avril 2008

"Hors du monde"

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Cette sensation la poursuivait partout, jusque dans ces soirées intimes où elle n'était pourtant entourée que d'amis de longue date. Ils avaient déjà vécu nombre de choses ensemble et malgré tout, elle se sentait souvent étrangère à eux, étrangère au monde. Justement la sensation était encore beaucoup plus prononcée du fait qu'ils était "proches". Il y avait dans ces petites fêtes une seconde fatidique qui la sortait de la bulle dans laquelle ils s'étaient si confortablement installés - et dès lors, c'était la fin. Elle les regardait rire, discuter, s'amuser... mais en retrait, car tout à coup, ces rires, ces discussions et ces amusements l'excluaient étrangement, sans qu'elle comprenne pourquoi. Les autres ne prêtaient pas vraiment attention à elle, ne semblaient pas noter qu'elle s'égarait, qu'elle devenait présence absente - peut-être parce qu'elle n'était jamais complètement présente... Ce phénomène d'exclusion l'attristait et en même temps, elle avait l'impression de s'en moquer, comme si elle devenait soudain étrangère à ses propres émotions...

Cette sensation, elle commençait à la connaître. Depuis quelques mois, c'était pareil pour tout - les livres, les concerts, les cours, les repas de famille etc. - dès qu'elle se rendait compte qu'elle était consciente d'être en train de faire la chose en question. Cette prise de conscience était ce qui précisément l'expulsait du lieu et de l'ambiance où elle était. Si par malheur il y avait donc ce déclic fatidique, c'était fini, elle n'était plus "dedans". Un peu comme un ressort, elle se sentait faire un saut et rejoindre un autre monde, extérieur. Cela lui rappelait les cours de français, ces histoires de point de vue narratif, omniscient, externe ou interne. Elle devenait le narrateur externe, telle une caméra de surveillance, dépourvue de pensées et de sentiments, qui balaie seulement la scène de son objectif (voilà ce que les professeurs leur donnaient comme image pour saisir l'idée). Elle aimait moyennement l'idée de n'être qu'une petite caméra d'angle, tout en haut au coin, et pourtant cette solitude lui plaisait.

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24 mars 2008

nympheas

Monet, Le pont japonais sur le bassin aux nymphéas à Giverny (1899)

Elle avait oublié ses gants. Elle avait froid aux mains alors elle les recroquevilla dans les manches de son manteau. Elle marchait, seule, tout en sentant le soleil encore hivernal, lumineux mais un peu faible, lui caresser le dos.
Outre quelques promeneurs, les rues étaient désertes. Désertes de mouvements, désertes de bruit, désertes de vie. Les maisons, aussi, pour beaucoup, semblaient hiberner, n'offrant que des volets clos. Le village dormait, depuis plusieurs années maintenant. Il n'y avait que l'été où c'était un peu différent, avec ceux qui venaient en vacances et les touristes de passage.
Elle qui revenait régulièrement, elle avait vu, au fil des mois et des années, certains commerces disparaître et des habitations se vider. Ne restaient que des murs, comme inébranlables, quoiqu'ils laissaient pour certains apparaître quelques lézardes. Les gens partis, eux seuls renfermaient l'histoire, désormais impénétrable...
Pourtant, l'âme du village émanait encore de ces ruelles singulières. Pour elle, le lieu gardait son charme, un autre charme sans doute, plus tranquille. Elle aimait profondément l'atmosphère qui régnait dans ces rues, peut-être même plus maintenant qu'elles étaient si calmes... Elle s'y sentait apaisée, bien qu'elle se remémorait avec une pointe de nostalgie les heureux jours - qui lui paraissaient ceux d'une autre vie - où, enfant, elle avait arpenté ces allées à pied ou en vélo...

Elle avait, sans s'en rendre compte, repris plus ou moins le parcours habituel des promenades familiales, comme cherchant à suivre des traces estompées depuis bien longtemps. Elle s'entêtait, sûrement, à vouloir faire revivre le passé, et elle le savait... cela faisait peut-être plus de mal qu'autre chose.
Elle s'était éloignée du centre, longeant les champs qui bordaient la commune, puis avait rejoint "la passerelle", ce pont qu'elle connaissait pour l'avoir traversé des dizaines de fois, en contre-bas du village. Elle s'était arrêtée là un temps. A chaque saison, le paysage était différent et à chaque passage, elle notait un nouveau détail : elle comprenait soudain combien ce peintre avait pu s'y sentir inspiré. Elle observait... Ce jour là, m
algré le froid, la nature semblait empreinte d'une certaine douceur. La rivière était plus haute que d'ordinaire et coulait plus vite aussi. Quant aux arbres du rivage, dévêtus, ils laissaient apercevoir d'un côté, la plaine encore humide de la neige du matin; de l'autre, les maisons siégeant à des hauteurs différentes. Elle aimait ce point de vue, presque en contre-plongée, et appréciait aussi l'endroit parce que, par un beau mystère, le soleil y donnait toujours, illuminant la nature été comme hiver, venant se refléter dans l'eau, cette eau claire qui coulait vers elle ne savait où...

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22 mai 2007

Petit bonheur illusoire.

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[...]
Tu m'entraîneras par la main un jour de pluie. Tu m'emmèneras à la plage. On courra, seuls au milieu de tout, les pieds dans le sable mouillé, les habits collants et les cheveux dégoulinants. On ira se baigner, on avancera dans la mer jusqu'à ce que l'eau nous arrive aux genoux. Tu m'éclabousseras un petit peu. Je t'éclabousserai un peu plus, et ainsi de suite, jusqu'à être vraiment trempés, mais cela nous importera peu. Tu souriras, je rirai, tu me diras que je suis belle quand je ris. Tu m'entraîneras encore, et je te suivrai, sereine. On traversera la plage. On grimpera sur des rochers, et je m'assiérai tout au bout, là où le rocher s'arrête et laisse place à l'eau. La mer s'étendra devant nous à perte de vue. Tu resteras un instant debout, les bras ouverts, criant que tu es heureux. Puis tu me rejoindras, tu t'installeras juste derrière moi et m'enlaceras avec tes bras. On restera là pendant longtemps, comme si le monde nous appartenait, et qu'il suffisait seulement d'une personne avec qui partager notre bonheur pour être pleinement satisfait.
[...]

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